Trade Republic et son PEA en bref

Trade Republic est un néocourtier et néobanque d’origine allemande, fondé en 2015 et présent en France depuis 2020-2021. Le courtier revendique plus de 10 millions de clients en Europe et plus de 150 milliards d’euros sous administration, ce qui en fait l’un des plus gros acteurs du courtage en ligne du continent. Son modèle repose sur une promesse simple : des frais de courtage à 1 euro par ordre, des plans d’investissement programmés gratuits, et une application mobile parmi les plus abouties du marché.

Le 2 juillet 2026, Trade Republic a annoncé la plus grosse refonte de son infrastructure d’exécution des ordres depuis son lancement, avec trois nouveautés : l’algorithme « Best Price », le service « Direct Price » et une interface web pour investisseurs actifs. Cet article détaille ces nouveautés, mais surtout la grille de frais complète et notre avis sur le rapport coût-service, en 2026. Pour comparer avec les autres acteurs du marché, tu peux consulter notre comparatif des courtiers.

Pourquoi cette annonce maintenant : la fin du PFOF

Pour bien comprendre l’annonce de juillet 2026, il faut regarder le calendrier réglementaire, car le timing n’a rien d’un hasard. Depuis le 1er juillet 2026, le « payment for order flow » (PFOF), c’est-à-dire la rémunération d’un courtier par une plateforme d’exécution en échange du flux d’ordres de ses clients, est interdit dans l’ensemble de l’Union européenne. Trade Republic dévoile sa nouvelle plateforme le lendemain, le 2 juillet. La coïncidence de dates est en réalité une réponse directe.

Pour approfondir

Le PFOF en deux mots

Le « payment for order flow » permettait à un courtier d’être rémunéré par une plateforme d’exécution en échange du flux d’ordres de ses clients. Trade Republic dirigeait l’essentiel de ses ordres vers Lang und Schwarz Exchange (LSX), qui le rémunérait pour ce flux, une pratique déjà arrêtée pour les clients français depuis juin 2024. Son interdiction totale dans l’UE le 1er juillet 2026 supprime cette source de revenus et impose plus de transparence sur la qualité d’exécution.

La refonte « Best Price » n’est donc pas qu’une amélioration produit : c’est une adaptation stratégique à un changement de règles majeur pour tout le courtage européen. Trade Republic transforme une contrainte réglementaire en argument commercial, en mettant en avant la meilleure exécution et la gratuité des données de marché. Un point de contexte que les simples reprises du communiqué passent sous silence, et qui explique pourquoi le courtier insiste autant sur la transparence.

Les frais de Trade Republic en 2026 : le tableau complet

La force de Trade Republic reste sa grille tarifaire, parmi les plus lisibles du marché. Voici le détail poste par poste, à jour en juillet 2026.

Poste de fraisTarif Trade Republic
Ordre de bourse (Best Price)1 € fixe par transaction, quelle que soit la taille
Ordre avec choix de la place (Direct Price)2 € fixe par transaction, quelle que soit la taille
Plan d’investissement programmé (DCA)0 € (gratuit)
Ouverture et tenue de compte (CTO et PEA)0 €
Frais de garde0 €
Frais d’inactivité0 €
Retrait / virement sortant0 €
Interface Web (terminal investisseurs actifs)0 € (sans surcoût)
Données de marché en temps réel0 € (gratuites)
Spread (fourchette achat-vente)Variable, intégré au prix, non facturé à part

Le principe est le même quel que soit l’actif : actions, ETF, obligations ou cryptos, le courtage forfaitaire s’applique de manière uniforme. Ce forfait de 1 euro est très compétitif dès que l’ordre dépasse 300 à 500 euros. En dessous, il devient cher en pourcentage : 1 euro sur un achat de 20 euros représente 5 % de frais. La parade est connue et efficace : passer par les plans programmés gratuits pour lisser ses achats.

Nouveauté 1 : l’algorithme « Best Price »

Best Price est le cœur de la refonte. L’algorithme compare en temps réel les cotations sur l’ensemble des places boursières liquides jugées pertinentes, puis exécute l’ordre au prix d’achat le plus bas ou au prix de vente le plus élevé, sans surcoût lié à la taille de l’ordre. Techniquement, Trade Republic importe dans le monde du particulier une logique de « smart order routing » jusqu’ici réservée aux investisseurs institutionnels.

Attention

Trade Republic reste ta contrepartie

Dans le mode Best Price, les ordres sont exécutés face à Trade Republic, qui agit comme contrepartie. Le meilleur prix est déterminé par comparaison des cotations négociables, mais tu ne passes pas en direct sur le carnet d’ordres d’une bourse. Pour un accès direct au marché, il faut basculer sur Direct Price (2 euros) ou choisir un courtier à accès direct.

Le courtage reste à 1 euro par transaction, hors frais tiers et spreads.

Nouveauté 2 : « Direct Price », choisir sa place boursière

Direct Price répond à une demande des investisseurs plus avertis : pouvoir choisir soi-même le marché d’exécution. Le service donne accès à 30 places boursières, dont Xetra, Euronext, Nasdaq et le NYSE, pour les ordres au marché, à cours limité et stop. Le tarif passe alors à 2 euros fixes par ordre, quelle que soit la taille. C’est la première fois que Trade Republic laisse un tel niveau de contrôle sur le routage à sa clientèle particulière.

Nouveauté 3 : l’Interface Web pour investisseurs actifs

Historiquement pensé pour le mobile, Trade Republic lance une interface web développée en interne, destinée aux profils actifs. Elle réunit graphiques avancés, espaces de travail personnalisables, screeners d’actions et de dérivés, analyses de portefeuille et données de marché en direct. Le carnet d’ordres agrégé est consultable gratuitement et comparable à celui de n’importe quelle bourse.

Ce lancement place Trade Republic sur un terrain occupé jusqu’ici par Interactive Brokers, Saxo ou les plateformes de trading professionnelles. La stratégie est claire : après avoir compressé les commissions, la bataille se déplace vers la qualité d’exécution et la richesse des outils.

Nous donnons accès à des outils et à une infrastructure de marché qui étaient auparavant réservés aux investisseurs institutionnels, aux banques et aux fonds spéculatifs.Christian Hecker, cofondateur de Trade Republic

Et le PEA dans tout ça ?

Bonne nouvelle pour l’investisseur français : contrairement à ses débuts où seul le compte-titres ordinaire (CTO) était proposé, Trade Republic a lancé un PEA en 2025. Il est gratuit à l’ouverture, sans frais de garde, avec un courtage à 1 euro par ordre (et des plans programmés gratuits). L’univers d’investissement du PEA reste plus restreint que celui du CTO : environ 2 000 actions et 150 ETF éligibles, contre plusieurs milliers d’actions et 2 000 ETF côté compte-titres.

Le PEA reste l’enveloppe de référence pour la poche actions d’un patrimoine, grâce à son avantage fiscal : après cinq ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux de 18,6 % restant dus). Sur un horizon long, cet avantage pèse souvent bien plus lourd qu’un écart de quelques dizaines de centimes de courtage. Si tu hésites entre les deux enveloppes, notre comparatif PEA / CTO détaille les cas où chacune prend l’avantage. Et si tu n’as pas encore de PEA, ouvrir cette enveloppe est généralement prioritaire par rapport au choix du courtier lui-même : notre guide du meilleur PEA t’aide à choisir.

Les coûts cachés et les limites à connaître

Aucun courtier n’est parfait, et l’affichage « 1 euro » ne raconte pas toute l’histoire. Voici les points de vigilance.

Le spread

Le spread, c’est la fourchette entre le prix d’achat et le prix de vente. Ce n’est pas un frais propre à Trade Republic ni un coût dissimulé au sens strict : il existe chez tous les intermédiaires et est affiché avant chaque ordre. Sur des ETF très liquides (MSCI World, S&P 500), il est négligeable. Sur des titres peu liquides ou des small caps, il peut se creuser et renchérir le coût réel de l’opération.

11. Le spread n’apparaît pas sur ta facture de courtage : il est intégré au prix affiché. C’est pour ça qu’il faut le surveiller sur les titres peu liquides, où il devient le vrai coût de la transaction.

Le modèle de contrepartie

En mode Best Price, tu traites face à Trade Republic et non en direct sur une bourse. C’est fluide et peu cher, mais l’investisseur qui veut la maîtrise totale de son exécution privilégiera Direct Price (2 euros) ou un courtier à accès direct au marché.

Le catalogue et les small caps

L’univers d’actions, bien que large, ne couvre pas l’intégralité de la cote. Les amateurs de small caps françaises ou de valeurs de niche trouveront des catalogues plus complets ailleurs.

Le service client

Longtemps le point noir de Trade Republic, le support s’est amélioré : depuis avril 2026, un service téléphonique et un chat sont annoncés 24h/24 et 7j/7. Les retours restent partagés et il est encore tôt pour juger la qualité de traitement des demandes complexes (transferts, blocages).

Pour quel profil d’investisseur ?

Trade Republic coche particulièrement bien les cases pour :

  • L’investisseur DCA long terme qui verse une somme régulière sur quelques ETF : les plans gratuits et le PEA en font l’un des choix les plus difficiles à battre sur le rapport coût-simplicité.
  • L’investisseur qui a déjà un PEA ailleurs et cherche un CTO complémentaire à faible coût pour diversifier.
  • L’investisseur actif désormais visé par l’Interface Web et Direct Price, à condition d’accepter le modèle de contrepartie sur le mode standard.

À l’inverse, ceux qui veulent un catalogue exhaustif de small caps, un accès direct systématique au marché ou un service client haut de gamme regarderont aussi du côté d’acteurs comme Fortuneo, Bourse Direct, Saxo ou Interactive Brokers selon leur besoin. Tu retrouves l’ensemble des fiches détaillées sur notre page courtiers.

Notre avis

La refonte de juillet 2026 est une vraie montée en gamme. Rendre gratuits le carnet d’ordres agrégé, les données de marché en temps réel et un terminal web, c’est mettre la pression sur toute la concurrence, au bénéfice de l’épargnant. Best Price traduit surtout une adaptation intelligente à la fin du PFOF : Trade Republic transforme une contrainte réglementaire en argument de transparence.

Pour un investisseur français, le raisonnement reste toutefois le même qu’avant l’annonce : commence par choisir la bonne enveloppe (PEA en priorité pour la poche actions long terme), puis compare les courtiers sur les frais, la qualité d’exécution et l’univers d’investissement. Sur ces critères, Trade Republic figure en 2026 parmi les meilleurs choix pour l’investisseur régulier et passif, ses limites concernant surtout des profils qui ne sont pas sa cible première.

Questions fréquentes

Quels sont les frais de Trade Republic en 2026 ?

1 euro fixe par ordre en mode Best Price, 2 euros par ordre en Direct Price (choix de la place boursière), plans d’investissement programmés gratuits, et zéro frais de garde, d’inactivité ou de retrait. Le spread s’applique en plus mais est affiché avant chaque ordre.

Trade Republic propose-t-il un PEA ?

Oui, depuis 2025. Le PEA Trade Republic est gratuit à l’ouverture, avec un courtage à 1 euro par ordre et des plans programmés gratuits. Son univers d’investissement est plus restreint que celui du compte-titres.

Que change l’interdiction du PFOF pour les clients ?

Le PFOF, interdit dans l’UE depuis le 1er juillet 2026, permettait au courtier d’être rémunéré pour le flux de ses ordres. Sa disparition pousse les néocourtiers vers plus de transparence sur l’exécution, ce qui explique le lancement de l’algorithme Best Price dès le lendemain de l’entrée en vigueur.

Mon argent est-il en sécurité chez Trade Republic ?

Trade Republic est un établissement régulé, supervisé notamment par la BaFin allemande, et en France par l’ACPR et l’AMF. Les dépôts bénéficient de la garantie des dépôts allemande jusqu’à 100 000 euros. Le bon réflexe reste de vérifier l’enregistrement du courtier sur le registre REGAFI de l’ACPR avant d’ouvrir un compte.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Mehdi Cornilliet
Écrit par

Mehdi Cornilliet

Co-fondateur de PEA.fr. Entrepreneur dans les médias (Major-Prépa créé en 2014, cédé en 2023), l'éducation (Empower College créé en 2025) et diplômé du Programme Grande Ecole de HEC Paris 2019 et du Master X-HEC Entrepreneurs.

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