Moneta Multi Caps investit dans des entreprises de toutes tailles, sélectionnées à partir de leur valeur économique estimée. Cette fiche concerne la part C, ISIN FR0010298596, éligible au PEA. La liberté de sélection permet au portefeuille de s’écarter des grands indices français, mais le résultat de cette liberté doit être apprécié après frais.
Moneta Multi Caps : la liberté de sélection de Moneta Asset Management
La stratégie repose sur une analyse fondamentale des sociétés et une sélection au cas par cas. Le portefeuille est majoritairement investi en France, avec la possibilité de consacrer jusqu’à 40 % à des actions d’autres pays de la zone euro. Les petites valeurs peuvent apporter des idées moins suivies ; les grandes capitalisations offrent un autre profil de liquidité et de couverture par les analystes.
Romain Burnand présente le point trimestriel de gestion sur le site officiel. Le processus met l’accent sur le travail d’analyse indépendant et la valorisation des entreprises. Acheter une société délaissée n’est toutefois pas une garantie de revalorisation : une décote peut refléter un risque réel ou persister pendant plusieurs années.
Pourquoi donner au gérant une liberté sur les capitalisations ?
Une stratégie limitée aux petites entreprises peut rencontrer de bonnes idées tout en disposant de peu de liquidité. Une stratégie limitée aux grandes valeurs offre un marché plus profond, mais exclut des dossiers moins suivis. Multi Caps laisse la taille de l’entreprise devenir une conséquence de la sélection. Le gérant peut choisir parmi plusieurs catégories en fonction du prix, des perspectives et du risque de chaque société.
Cette liberté présente une contrepartie analytique. Il devient moins pertinent de décrire le fonds avec une étiquette immuable. Les proportions de grandes et petites capitalisations peuvent évoluer. Le poids des principales lignes, la géographie et l’exposition aux actions permettent de comprendre les choix du moment. Il faut juger la cohérence de ces choix avec la méthode annoncée et avec les contraintes de la part.
La lecture des positions publiées montre une diversité de métiers, avec UCB, TotalEnergies, Schneider Electric, Ayvens, Alten et Strabag dans la sélection présentée par Moneta. Ces noms ne forment pas un top 10 exhaustif. Ils donnent un aperçu des dossiers et évitent d’imaginer que le fonds se résume à des sociétés confidentielles cotées à Paris.
Une décote doit avoir une explication et une issue possible
Le travail de Moneta consiste à estimer une valeur économique puis à la rapprocher du cours. Une société sous-évaluée peut être boudée pour une raison temporaire, mais aussi parce que son activité se dégrade. La différence ne se lit pas dans un simple ratio cours sur bénéfice. Elle suppose d’examiner le bilan, la trésorerie, la qualité des dirigeants et la capacité de l’entreprise à maintenir ses résultats.
Le temps peut aider une thèse d’investissement à se réaliser. Il peut aussi rendre visible une erreur initiale. La question à suivre dans les commentaires est donc la manière dont le gérant réévalue ses convictions. Une baisse du cours ne prouve pas qu’une action est moins chère si ses bénéfices futurs diminuent davantage. Une hausse ne prouve pas qu’elle est devenue trop chère si sa capacité à créer de la valeur progresse. La discipline de valorisation fonctionne dans les deux sens.
Les liquidités et la concentration modifient le comportement du fonds
Une exposition de 89 % aux actions à fin septembre laisse une part du portefeuille en liquidités. Cette poche peut faciliter les opérations ou traduire les décisions de gestion à cette date. Elle peut amortir certaines baisses et réduire la participation à une hausse rapide. Sans information explicite, on ne doit pas lui attribuer une anticipation précise du marché.
Les vingt premières lignes représentent 60 % du portefeuille. Le nombre de titres ne décrit donc qu’une partie de la diversification. Les grandes convictions ont une influence supérieure à celle des petites positions. Il faut également rapprocher la répartition sectorielle des autres produits détenus dans le PEA. Plusieurs fonds différents peuvent partager les mêmes valeurs industrielles ou financières.
L’encours constitue une autre donnée à suivre. Sa variation peut venir des marchés et des souscriptions ou rachats. L’écart entre l’encours de fin septembre et celui du 7 octobre ne permet pas, à lui seul, de calculer une collecte nette. Mélanger ces informations conduirait à attribuer à des mouvements de clients ce qui peut relever de la valorisation des actifs.
Les performances de Moneta Multi Caps C selon l’horizon retenu
Au 7 octobre 2026, Moneta publie pour la part C 27,7 % cumulés sur trois ans, contre 18,5 % pour le CAC All-Tradable dividendes nets réinvestis. Sur cinq ans, le fonds progresse de 23,6 %, contre 28,5 % pour la référence. Sur dix ans, les chiffres sont respectivement de 96,9 % et 107,1 %.
L’écart change donc de signe selon la période retenue. Depuis la création du 24 mars 2006, Moneta affiche un rendement annualisé de 7,5 % pour la part C, contre 4,9 % pour le CAC All-Tradable NR. Cette longue période n’annule pas le retard constaté sur des horizons plus récents. Un historique doit être lu avec ses différentes phases, plutôt qu’avec le seul point de départ qui favorise le plus la stratégie.
Le reporting de septembre décrit 66 lignes, une exposition aux actions de 89 % et un poids de 37 % pour les dix premières positions. Les grandes capitalisations représentent la majorité de la ventilation publiée. UCB, TotalEnergies et Schneider Electric figurent parmi les principales grandes valeurs, tandis qu’Ayvens, Alten et Strabag apparaissent dans la sélection des petites et moyennes capitalisations. L’encours passe de 1 595 M€ à fin septembre à 1 512 M€ au 7 octobre ; les dates restent distinctes.
Ce que l’historique permet de conclure
Le dépassement de la référence sur trois ans et le retard sur cinq et dix ans obligent à résister à une lecture uniforme. Le fonds a créé une valeur importante depuis son lancement, mais le bilan dépend du moment observé. Un investisseur arrivé récemment ne bénéficie pas des gains acquis avant son entrée. Son expérience doit être rapprochée de sa période réelle de détention.
Le CAC All-Tradable NR intègre les dividendes nets réinvestis. Cette caractéristique évite de comparer un fonds qui capitalise les distributions à un indice de cours qui les ignore. Elle ne rend pas les expositions identiques : le gérant sélectionne ses sociétés et conserve parfois des liquidités. La référence permet de mesurer un écart ; l’analyse du portefeuille explique les risques qui ont accompagné cet écart.
La commission variable ajoute une dimension supplémentaire. Il faut regarder le mécanisme de high water mark, qui conditionne la rémunération au franchissement d’un niveau antérieur selon les règles contractuelles, et les autres critères du prospectus. Les modalités exactes comptent davantage que le taux isolé. La fiche de Moneta Asset Management développe l’organisation de la recherche et les différences entre les fonds de la maison.
Les frais de Moneta Multi Caps C et sa commission conditionnelle
La page officielle indique 1,5 % TTC de frais fixes de gestion et une commission variable de 15 % TTC. Celle-ci intervient au-delà du CAC All-Tradable Net Return, uniquement lorsque la performance du fonds est positive et avec un high water mark. Ces conditions doivent être lues dans le prospectus ; le taux de 15 % n’est pas un prélèvement annuel de 15 % de l’encours.
Les droits d’entrée maximum sont de 1 %, les droits de sortie de 0 % et les commissions de mouvement sont annoncées comme nulles. Fortuneo affiche 1,49 % de frais courants pour la part C dans sa fiche consultée le 8 octobre 2026. Ce chiffre estimé est distinct du taux contractuel fixe de 1,5 % et n’inclut pas tous les coûts de transaction ou de performance éventuels. Les conditions de l’intermédiaire peuvent ajouter leurs propres frais.
Notre avis sur Moneta Multi Caps C
Le fonds propose un processus de sélection identifiable et un historique long. Son intérêt pour un PEA doit être jugé sur une comparaison nette de frais, avec un indice dividendes réinvestis et des dates communes. Le SRI officiel est de 4 sur 7 et l’horizon recommandé d’au moins cinq ans. Les risques de marché, de sélection et de liquidité restent présents, sans garantie de capital.
Source : fiche officielle de la part C, performances et caractéristiques au 7 octobre 2026. Vérification le 8 octobre 2026. Le portefeuille et les volatilités sont issus de la lettre de septembre 2026. Les frais courants sont ceux affichés par Fortuneo, distincts des frais fixes contractuels.

Synthèse du commentaire de gestion
La lettre de septembre cite BAM Groep, Strabag et STMicroelectronics parmi les contributeurs positifs du mois, et DSV, Ayvens et LVMH parmi les contributeurs négatifs. Aucun chiffre de contribution individuelle n’est donné dans ce tableau ; ces noms ne sont pas présentés comme des achats ou ventes.
Synthèse PEA.fr à partir du reporting Moneta Asset Management