Sycomore Sélection Responsable combine l’analyse des entreprises de la zone euro avec une évaluation de leur contribution à une économie plus durable. Cette fiche porte sur la part R, ISIN FR0011169341, capitalisante et éligible au PEA. Les chiffres des autres parts, dont RP, ne doivent pas être utilisés pour évaluer son résultat net de frais.

Sycomore Sélection Responsable : la sélection d’actions de Sycomore AM

Le fonds relève de l’article 8 du règlement SFDR et affiche le label ISR. L’analyse considère les clients, les salariés, les actionnaires, l’environnement et les relations avec les autres parties prenantes. Ces critères participent au choix des sociétés et au suivi de leur trajectoire. Ils ne constituent ni une garantie de capital ni une promesse de performance supérieure à celle du marché.

La gestion est assurée par Olivier Cassé et Giulia Culot, avec Catherine Rolland pour l’analyse de durabilité. La part R a été créée le 22 décembre 2011 ; le fonds lui-même est antérieur. Confondre ces deux dates fausse la lecture du rendement depuis l’origine.

Le développement durable doit se lire dans les sociétés retenues

L’idée centrale du fonds est qu’une entreprise ne crée pas durablement de valeur en négligeant les ressources et les personnes dont dépend son activité. Ce principe peut éclairer des risques économiques : fidélité des clients, recrutement, sécurité des approvisionnements ou coût de l’adaptation environnementale. Il faut ensuite le traduire en choix d’investissement précis et en prix d’achat.

La présence d’ASML, de Prysmian et de grandes institutions financières montre que l’univers responsable ne se limite pas à de jeunes sociétés spécialisées dans l’écologie. Il peut comprendre des groupes mondiaux qui jouent un rôle dans la technologie, les infrastructures et le financement. L’analyse doit expliquer leurs caractéristiques et leurs risques, sans attribuer une vertu uniforme à chaque activité d’un grand groupe.

La dimension responsable et la valorisation doivent être appréciées ensemble. Une entreprise essentielle à l’électrification peut se payer trop cher. Une société bien gouvernée peut voir ses bénéfices reculer. Les labels et la classification du fonds fournissent des repères méthodologiques ; ils ne décrivent pas le rendement attendu ni la gravité de toutes les baisses possibles.

L’intelligence artificielle crée des attentes autant que des débouchés

Le commentaire de septembre évoque des renforcements associés aux besoins de l’intelligence artificielle. Ces besoins peuvent concerner les équipements, les infrastructures électriques et les composants. Leur traduction en bénéfices dépend toutefois des commandes réellement obtenues, des marges, des investissements nécessaires et de la concurrence. La taille d’un marché potentiel ne correspond pas automatiquement aux profits des entreprises qui souhaitent y participer.

Le risque de valorisation apparaît lorsque plusieurs investisseurs partagent les mêmes attentes. Si le cours intègre déjà un développement très favorable, des résultats simplement bons peuvent décevoir. Il faut donc examiner le poids de ces thèmes et leur éventuelle présence dans d’autres lignes du PEA. Deux fonds sectoriellement différents peuvent dépendre d’une même vague d’investissement technologique.

Le portefeuille de Sycomore Sélection Responsable : grandes valeurs et concentration

À fin septembre 2026, le fonds compte 46 entreprises, pour un encours de 1,156 Md€ et une exposition aux actions de 87 %. ASML pèse 8,5 %, devant Prysmian, Santander et Allianz. La capitalisation médiane atteint 87,8 Md€. Cette stratégie n’est donc pas une exposition aux petites valeurs européennes, malgré la liberté de sélection des gérants.

L’industrie, la technologie et la finance dominent la ventilation sectorielle. Les premières positions donnent une place importante aux semi-conducteurs, à l’électrification et aux services financiers. Le commentaire de septembre évoque des renforcements liés aux besoins de l’intelligence artificielle. Ce thème peut soutenir certains résultats, mais rend aussi le portefeuille sensible aux attentes déjà intégrées dans les valorisations.

La concentration mérite d’être rapprochée des grandes capitalisations

Une position de 8,5 % dans ASML donne une influence notable à une seule entreprise au moment du reporting. Les 46 sociétés répartissent le portefeuille, mais cette répartition n’est pas égale. Les grandes capitalisations disposent généralement de marchés plus profonds que les petites valeurs ; cela ne les rend pas insensibles à une révision des attentes ou à un changement réglementaire.

La médiane de 87,8 Md€ distingue nettement cette stratégie d’un fonds de petites entreprises européennes. Pour ton PEA, le fonds peut donc recouper des expositions déjà présentes dans une allocation aux grandes sociétés de la zone euro. La lecture des principales lignes et des secteurs permet de vérifier l’ampleur de ce recouvrement avant d’assimiler la marque responsable à une diversification nouvelle.

Les performances de Sycomore Sélection Responsable R et l’indice chaîné

Au 30 septembre 2026, la part R affiche 50,45 % cumulés sur trois ans et 38,17 % sur cinq ans. La référence chaînée progresse de 62,04 % et 65,38 % sur ces mêmes périodes. L’historique traduit donc une sous-performance nette de frais sur ces horizons.

Le MSCI EMU Net Return remplace l’Euro Stoxx Net Return depuis le 1er mars 2026. Les comparaisons historiques publiées dans le reporting raccordent les références successives. Elles ne décrivent pas le parcours d’un seul indice inchangé. La perte maximale sur cinq ans atteint 28,1 % pour le fonds, malgré sa démarche responsable.

Une référence qui évolue impose une comparaison précise

Le remplacement de l’Euro Stoxx NR par le MSCI EMU NR en mars 2026 modifie le repère utilisé pour la gestion. Les tableaux de longue durée chaînent les références successives. Cette méthode conserve une comparaison historique publiée par la maison, mais elle ne permet pas d’affirmer que le fonds aurait suivi le même indice depuis son lancement.

Il faut également conserver la distinction entre le fonds et la part R, créée en décembre 2011. D’autres parts peuvent avoir des frais différents ou une durée d’existence plus courte. L’évaluation de ton rendement potentiel commence par la classe accessible dans le PEA. Utiliser une part moins chère dans une comparaison alors que l’on détient la part R donnerait un bilan trop favorable.

Ce que révèle la perte maximale sur cinq ans

La baisse maximale de 28,1 % publiée sur cinq ans montre le chemin que peut recouvrir un rendement cumulé positif. Une perte maximale correspond à une baisse entre un sommet et un point bas de la période observée. Elle ne constitue ni une limite réglementaire ni le maximum possible à l’avenir. Elle apporte néanmoins un exemple concret de l’amplitude historique supportée par les porteurs.

Les 2 % de frais fixes et administratifs ajoutent une exigence à la gestion active. Le résultat net doit être suffisamment convaincant pour supporter ce coût, avec la commission conditionnelle et les autres frais éventuels. Le retard à la référence sur trois et cinq ans reste un élément matériel du bilan. La fiche de Sycomore Asset Management explique le cadre commun de recherche ; le suivi de cette part doit conserver ses propres chiffres, sa composition et ses dates.

Les frais de Sycomore Sélection Responsable R

La fiche officielle indique 2 % de frais fixes et administratifs, ainsi qu’une commission conditionnelle de 15 % de la surperformance par rapport à la référence. Les droits d’entrée maximum sont de 3 %, sans droits de sortie annoncés. Le taux de 2 % ne doit pas être présenté comme un coût total comprenant les transactions et toute commission de performance éventuelle.

Notre avis sur Sycomore Sélection Responsable R

Le processus de sélection est documenté et le portefeuille possède une identité claire. La décision d’y consacrer une place dans un PEA doit néanmoins tenir compte du résultat net, de la concentration et du prix payé pour les entreprises retenues. Le SRI affiché est de 4 sur 7. Un horizon d’au moins cinq ans permet une comparaison plus pertinente avec une exposition indicielle à la zone euro, sur des dates identiques.

Sources : reporting de septembre 2026 de la part R et caractéristiques et frais officiels. Vérification le 8 octobre 2026.