Notre analyse

Valboa Développement pose une question de fond : pourquoi la méthode qui fait le succès du private equity depuis quarante ans (concentration, temps long, dialogue actionnarial) ne fonctionnerait-elle pas sur les sociétés cotées ? LBO France, l’un des pionniers du capital-investissement français, a construit sa gamme de gestion cotée Valboa autour de cette conviction, et Valboa Développement en est le fonds maître.

Le private equity coté

Concrètement, le fonds investit en minoritaire dans une vingtaine à une trentaine de sociétés françaises cotées de moins de 10 Md€ de capitalisation (environ 25 lignes en pratique), sélectionnées après le type de due diligence qu’on réserve d’ordinaire aux opérations non cotées : analyse de la gouvernance, des mécanismes de création de valeur, de la qualité du management. La gestion, menée par Pierre Nebout et Stéphane Sumar, se veut ensuite un actionnaire actif et constructif : dialogue avec les dirigeants, participation aux assemblées, accompagnement des orientations stratégiques.

Le reporting de mai 2026 montre en tête Trigano, Mersen, Wavestone, Quadient et L.D.C. : des entreprises françaises de qualité, souvent familiales ou à l’actionnariat stable, où la thèse d’accompagnement de long terme prend tout son sens. À noter que la gamme a été réorganisée en janvier 2026 : Valboa Engagement, le fonds historique labellisé ISR, est devenu nourricier de Valboa Développement.

Performances en perspective

C’est ici que le dossier se complique. Avec 6,1 % annualisés sur 5 ans et 7,5 % sur 3 ans à fin mai 2026 (YTD environ +5,5 %), Valboa Développement se classe en queue de notre sélection sur la période récente. La stratégie a souffert de son biais mid caps françaises de qualité, un segment délaissé par les flux depuis 2022, et l’approche patrimoniale patiente ne produit pas les accélérations spectaculaires des fonds momentum. La thèse d’investissement est que la valeur se cristallisera avec le temps, notamment via les opérations de marché sur les valeurs détenues. Performances passées sans valeur prédictive.

Points de vigilance

Le premier point est technique : la part I2 (FR0014001038), suivie par IDMidCaps, est une part institutionnelle. Pour un particulier, c’est la part R qu’il faut viser, avec des frais différents à vérifier au DIC, de même que l’éligibilité PEA de la part exacte souscrite. Les encours (environ 66 M€) restent modestes. Et la concentration sur 25 lignes, cœur de la philosophie, signifie qu’un dossier qui déçoit pèse immédiatement sur la valeur liquidative.

Pour qui

Pour l’investisseur qui adhère à la philosophie de l’actionnariat engagé de long terme et veut une exposition aux belles mid caps françaises gérée comme un portefeuille de participations, en acceptant que la création de valeur puisse prendre du temps à se matérialiser dans les cours. Horizon minimum : 5 ans, dans l’esprit du non coté.