François Badelon
Il lance Sextant PEA en janvier 2002 avec deux souscripteurs, lui-même et sa mère, et en fait l'un des meilleurs track records value de la place de Paris, logeable dans n'importe quel PEA.
L'essentiel en 30 secondes
- François Badelon débute en 1986 chez le courtier Meeschaert-Rousselle, passe une décennie chez Exane, puis lance le fonds Sextant PEA en janvier 2002, hébergé au départ par La Financière de l'Échiquier de Didier Le Menestrel.
- Il fonde Amiral Gestion en 2003 et bâtit un des meilleurs track records value français sur les petites et moyennes valeurs : +497 % cumulés à fin 2014, soit +14,89 % annualisés.
- Sa méthode : le value défini simplement comme « acheter des entreprises dont on est capable de définir la valeur », la marge de sécurité, et une gestion collégiale organisée en sous-portefeuilles confiés à chaque gérant.
- Il quitte la présidence d'Amiral fin 2020, remplacé par Julien Lepage, puis la société en avril 2021.
- Pour ton PEA : Sextant PEA (ISIN FR0010286005) est éligible, c'est même sa raison d'être. Le cas d'école du fonds entrepreneurial français né dans et pour l'enveloppe.
Qui est François Badelon, le value investor parti de deux souscripteurs ?
L'histoire commence comme une blague de la finance française : en janvier 2002, un ancien d'Exane lance un fonds avec deux souscripteurs, lui-même et sa mère. Vingt ans plus tard, Sextant PEA est une référence du value français et Amiral Gestion une maison installée. Le nom du fonds vient du bateau familial de son enfance, le Sextant ; celui de la société, du surnom de sa mère à bord : l'Amiral. Il l'a raconté lui-même à H24 Finance en 2017, et l'anecdote dit quelque chose de la maison : une gestion d'origine familiale, patiente, sans marketing.
Badelon fait ses classes à partir de 1986 chez le courtier Meeschaert-Rousselle, puis environ dix ans chez Exane, où il observe le marché du côté des intermédiaires. Quand il passe à la gestion, c'est avec une conviction déjà formée : la valeur d'une entreprise se calcule, se compare à son prix, et l'écart entre les deux fait le rendement. Le fonds est d'abord hébergé par La Financière de l'Échiquier de Didier Le Menestrel, autre légende de cette rubrique, avant qu'Amiral Gestion ne vole de ses propres ailes en 2003.
Le terrain de chasse de Badelon, ce sont les petites et moyennes valeurs délaissées, celles que les analystes ne couvrent plus et que les indices ignorent. C'est là que l'écart entre prix et valeur est le plus fréquent, et c'est exactement le segment que l'enveloppe PEA récompense le mieux sur la durée. Fin 2020, il passe la présidence à Julien Lepage et quitte la société en avril 2021, laissant une équipe formée à sa méthode collégiale.
Le value à la française : définir la valeur, puis attendre.
La définition du value selon Badelon tient en une phrase : acheter des entreprises dont on est capable de définir la valeur. Tout est dans le « capable » : si le calcul n'est pas possible, on passe. Cette humilité méthodologique, héritée de Graham et de la marge de sécurité, élimine d'office les dossiers à la mode dont la valorisation repose sur des récits plutôt que sur des flux.
L'originalité d'Amiral Gestion est organisationnelle : la gestion en sous-portefeuilles. Plutôt qu'un gérant star et des analystes exécutants, chaque membre de l'équipe gère sa poche du fonds en pleine responsabilité. Le résultat est une maison moins dépendante d'un seul cerveau, et des idées qui se confrontent en interne avant de se confronter au marché. Badelon y ajoutait une conviction personnelle : la culture générale et la lecture comme avantage compétitif du gérant, loin des écrans.
Le débat technique qui a suivi le fonds pendant des années, celui du choix de l'indice de référence, est resté ce qu'il est : un débat technique. Sur la durée, l'écart de performance avec n'importe quel indice français raisonnable est tel que la question perd de son intérêt.
La trajectoire de François Badelon en 6 étapes.
Il entre dans la finance par le courtage, puis passe une dizaine d'années chez Exane à observer le marché du côté des intermédiaires.
Le 18 janvier 2002, le fonds démarre avec deux souscripteurs : François Badelon et sa mère. Il est hébergé par La Financière de l'Échiquier.
La société prend son indépendance, nommée d'après le surnom de sa mère à bord du bateau familial.
Fin 2009, Sextant PEA affiche +216 % cumulés contre +23 % pour le SBF 250 dividendes réinvestis : la méthode traverse la crise de 2008.
À fin 2014, la performance annualisée depuis création atteint +14,89 %, l'un des meilleurs track records value de la place (Sicavonline).
Il quitte la présidence fin 2020, remplacé par Julien Lepage, puis la société en avril 2021. La gestion collégiale était conçue pour lui survivre.
Les quatre principes de la méthode Badelon.
Sa définition du value : des entreprises dont on est capable de définir la valeur. Si le calcul est impossible, le dossier sort de l'univers, quelle que soit sa popularité.
Les petites valeurs délaissées par les analystes offrent les plus gros écarts entre prix et valeur. C'est le segment naturel du PEA de conviction.
Acheter nettement sous la valeur estimée protège des erreurs de calcul et des mauvaises surprises. Le rendement vient de la décote, pas du momentum.
La gestion collégiale en sous-portefeuilles évite la dépendance au gérant star. La maison a survécu au départ de son fondateur : c'était le but.
Badelon en deux citations.
Le value, c'est acheter des entreprises dont on est capable de définir la valeur.
François Badelon · Définition rapportée de sa méthodeLe nom Sextant vient du bateau familial ; l'Amiral, c'était le surnom de ma mère à bord.
François Badelon · H24 Finance, 2017Investir comme Badelon dans ton PEA ?
Sextant PEA (FR0010286005) est éligible au PEA par construction. Notre rubrique fonds analyse les meilleurs véhicules small caps value de la place, frais et performances vérifiés.
