Le fonds souverain norvégien vaut environ 2 000 milliards d’euros au 30 juin 2026 (22 683 milliards de couronnes). Il a gagné 9,44 % sur le premier semestre 2026, dépassant son indice de référence de 0,22 point, avec 72,1 % du portefeuille en actions et des frais de gestion de 0,042 % par an. Il détient aussi 67 milliards d’euros d’actifs en France, des actions Schneider Electric aux immeubles de la rue Championnet.

Ce qu’il faut retenir

  • Valeur au 30 juin 2026 : environ 2 000 milliards d’euros (22 683 milliards de couronnes), soit près de 355 000 € par habitant.
  • Performance du semestre : +9,44 % en devises, +6,19 % en couronnes, après un premier trimestre à -1,89 % et un deuxième à +11,54 %.
  • Allocation : 72,1 % actions, 25,8 % obligations, 1,6 % immobilier non coté, 0,5 % infrastructures renouvelables.
  • Frais : 4,2 points de base par an, soit 0,042 %, commissions de surperformance incluses.
  • Rendement de long terme : +6,86 % par an depuis 1998, dont +4,51 % de rendement réel net de frais et d’inflation.
  • En France : 67 milliards d’euros d’exposition, 115 entreprises détenues, 7,9 milliards d’euros d’OAT et 100 propriétés immobilières.

Salut ! Si tu es là, c’est que tu as entendu parler du « fonds pétrolier norvégien » et que tu veux savoir ce qu’il y a réellement dedans. Bonne nouvelle : c’est l’investisseur le plus transparent de la planète. Chaque semestre, il publie tout, jusqu’à la sensibilité de son portefeuille immobilier à une hausse de 0,25 point des taux de capitalisation.

Autrement dit : tu as sous les yeux le cas pratique de gestion de patrimoine le plus documenté au monde, gratuitement. Et le semestre qui vient de s’achever valait le détour.

Qu’est-ce que le fonds souverain norvégien ?

Le fonds souverain norvégien, officiellement Government Pension Fund Global (GPFG), est le plus grand fonds souverain au monde. Il accueille les revenus pétroliers et gaziers de l’État norvégien depuis 1996, investit intégralement hors de Norvège, et appartient au peuple norvégien. Sa gestion opérationnelle est confiée à Norges Bank Investment Management (NBIM).

De la découverte d’Ekofisk à la règle des 3 %

En décembre 1969, le gisement d’Ekofisk est découvert en mer du Nord. La Norvège comprend vite le risque : quand une rente pétrolière tombe dans un budget national, elle se transforme en dépenses courantes, en inflation et en monnaie surévaluée. Les économistes appellent ça le syndrome hollandais.

Le Parlement vote donc en 1990 la création d’un fonds dédié, alimenté pour la première fois en 1996. Le mécanisme tient en trois règles : les revenus des hydrocarbures vont dans le fonds et pas dans le budget, le fonds investit 100 % à l’étranger, et le gouvernement ne peut prélever qu’environ 3 % de sa valeur par an. C’est la fameuse handlingsregelen, calibrée sur le rendement réel attendu pour ne jamais entamer le capital.

La grande force du fonds ? Son consensus ! Tous les gouvernements, qu’ils soient socialistes, libéraux et/ou conservateurs ont soutenu l’émergence de ce véhicule.

Résultat ? Depuis 1996, la Norvège a versé 556 milliards d’euros et retiré 61 milliards. Le reste de la fortune, plus de 1 330 milliards d’euros, ce sont des rendements accumulés. C’est là que réside le véritable petit miracle norvégien : le fonds a gagné plus d’argent en investissant qu’en pompant !

Croissance du fonds souverain norvégien de 23 milliards de dollars en 1998 à 2 292 milliards en 2026, par classe d’actifs Légende : 28 ans de croissance, classe d’actifs par classe d’actifs. Source : NBIM.

La décomposition exacte au 30 juin 2026 donne le vertige : sur environ 2 000 milliards d’euros de valeur, 1 346 milliards viennent des rendements, 488 milliards des apports pétroliers nets, et 174 milliards de l’effet de change cumulé. Les marchés ont rapporté 2,8 fois ce que le pétrole a versé. La rente a servi d’amorce, les intérêts composés ont fait le reste.

Pourquoi ce n’est pas un fonds de retraite

Malgré le mot « pension » dans son nom, le fonds n’a aucun engagement de retraite à honorer, aucun passif actuariel, aucune échéance. C’est un fonds d’épargne intergénérationnel. Cette nuance explique tout le comportement : quand tu n’as pas de passif à couvrir, tu peux détenir 72 % d’actions et encaisser un trimestre à -3,89 % sans broncher.

À ne pas confondre avec le Government Pension Fund Norway, le second fonds souverain norvégien, beaucoup plus petit et investi principalement en Norvège et en Scandinavie… et qui vise comme son nom l’indique, à alimenter les pensions de retraite.

Qui décide quoi dans le fonds souverain norvégien ?

Gouvernance du fonds souverain norvégien

ActeurRôle
Le peuple norvégienPropriétaire du fonds souverain
Le Storting (Parlement)Vote le cadre légal
Le ministère des FinancesFixe le mandat de gestion et l’indice de référence
Norges BankGère le fonds en son nom propre
NBIMGestion opérationnelle, dirigée par Nicolai Tangen
Conseil d’éthiqueRecommande les exclusions d’entreprises
Ernst & YoungAuditeur, a revu les comptes semestriels le 10 août 2026

On peut retenir la chose suivante : aucun acteur ne cumule le mandat, la gestion et le contrôle.

Combien vaut le fonds souverain norvégien en 2026 ?

Le fonds souverain norvégien vaut environ 2 000 milliards d’euros au 30 juin 2026, soit 22 683 milliards de couronnes norvégiennes ou 2 300 milliards de dollars. Sa valeur a progressé de 125 milliards d’euros sur le semestre. Cela représente près de 355 000 € par Norvégien.

En guise de comparaison avec les pays endettés, la dette américaine passe les 40 000 milliards de dollars en cette mi-août 2026, soit 108 000 euros par habitants et celle française, à 52 000 euros par habitant.

Côté Norvège, cette progression se décompose en trois mouvements : +155 milliards d’euros de rendement des investissements, +7,9 milliards d’apports nets de l’État après frais, et -38 milliards d’effet de change, la couronne s’étant renforcée.

Chiffres clés du fonds souverain norvégien au 30 juin 2026

DonnéeValeur
Valeur du fondsenviron 2 000 Md€ (22 683 Mds NOK)
Rendement du semestre+9,44 % en devises, +6,19 % en couronnes
Surperformance vs indice+0,22 point, soit 4 Md€
Frais de gestion annualisés0,042 %
Rendement annualisé depuis 1998+6,86 %, dont +4,51 % réel net
Par habitantenviron 355 000 €

Source : NBIM, rapport semestriel 2026.

Quelle est la performance du fonds souverain norvégien en 2026 ?

Le fonds souverain norvégien a gagné +9,44 % au premier semestre 2026, soit 155 milliards d’euros de rendement, et +9,42 % net de frais. Exprimée en couronnes norvégiennes, la même performance tombe à +6,19 %.

Cet écart de trois points est la leçon la plus sous-estimée du rapport. Le même portefeuille, le même jour, affiche deux chiffres différents selon la monnaie dans laquelle tu comptes. Transpose : un ETF Monde ne t’a pas rapporté en euros ce que la presse américaine annonce en dollars. La devise n’est jamais neutre dans un portefeuille.

Un trimestre rouge, un trimestre historique

Rendement du fonds souverain norvégien par classe d'actifs au premier et au deuxième trimestre 2026, les actions passant de -2,61 % à +15,98 % Légende :
Le deuxième trimestre 2026 a effacé un premier trimestre négatif. Source : NBIM, rapport semestriel 2026.

Rendement par classe d’actifs et par trimestre, en pourcentage

Classe d’actifsS1 2026T2 2026T1 2026
Actions+12,95+15,98-2,61
Obligations+0,88+1,11-0,23
Immobilier non coté+3,01+1,81+1,17
Infrastructures renouvelables-0,19+1,77-1,93
Fonds total+9,44+11,54-1,89

Mesuré dans le panier de devises du fonds. Source : NBIM.

Un investisseur qui aurait vendu fin mars aurait raté l’un des meilleurs trimestres de l’histoire du fonds ! Le fonds, lui, n’a rien changé à son allocation. Comme toujours, la discipline bat le timing, et c’est chiffré.

La performance sur longue période

Rendement annualisé du fonds souverain norvégien au 30 juin 2026

HorizonRendement annualiséRendement réel net de frais
12 derniers mois+19,14 %+15,56 %
10 dernières années+9,39 %+6,24 %
Depuis le 1er janvier 1998+6,86 %+4,51 %

Volatilité réalisée depuis 1998 : 8,44 %. Source : NBIM.

La colonne de droite est celle qui compte. +4,51 % par an de rendement réel net sur plus de 28 ans : à ce rythme, ton pouvoir d’achat double environ tous les 16 ans. Sans levier, sans crypto, sans stock-picking héroïque.

Dans quoi le fonds souverain norvégien investit-il ?

Le fonds souverain norvégien investit dans quatre classes d’actifs : 72,1 % en actions cotées (1 448 milliards d’euros), 25,8 % en obligations (519 milliards), 1,6 % en immobilier non coté (33 milliards) et 0,5 % en infrastructures renouvelables (9 milliards). La poche actions est passée de 71,3 % fin 2025 à 72,1 %, portée par la hausse des marchés.

Allocation d'actifs du fonds souverain norvégien au 30 juin 2026 : 72,1 % actions, 25,8 % obligations, 1,6 % immobilier non coté, 0,5 % infrastructures
Répartition du portefeuille d’environ 2 000 milliards d’euros. Source : NBIM, rapport semestriel 2026.

Quelles actions le fonds souverain norvégien détient-il ?

Le fonds souverain norvégien détient exactement 7 077 lignes actions dans 54 pays, pour 1 454 milliards d’euros. Ses trois plus grosses positions sont Nvidia (54 milliards d’euros), Apple (46) et Alphabet (44), devant Microsoft. Détail que la presse rate souvent : le classement par valeur détenue ne suit pas le classement des capitalisations mondiales, parce que les pondérations indicielles et les exclusions éthiques déforment légèrement le portefeuille. Le rapport semestriel 2026 a également révélé une participation dans SpaceX, entrée en bourse en juin 2026.

Top 10 des positions du fonds souverain norvégien : Nvidia 54 milliards d'euros, Apple 46, Alphabet 44, Microsoft 31, TSMC 29
Les dix premières lignes du portefeuille pèsent 20,9 % de la poche actions. Source : inventaire NBIM.

Si l’on regarde bien ce top 10, on réalise que : neuf lignes sur dix sont des semi-conducteurs, du cloud ou de l’IA, et trois sont asiatiques (TSMC, Samsung, SK Hynix). Ces 10 positions concentrent 20,9 % du portefeuille actions. Même l’investisseur le plus diversifié du monde n’échappe pas à la concentration des indices : quand dix entreprises pèsent un cinquième des marchés mondiaux, elles pèsent un cinquième de ton portefeuille indiciel.

Part des marchés actions détenue par le fonds norvégien : 1,53 % du monde, 2,27 % de l'Europe, 1,79 % de l'Asie, 1,30 % des Amériques
La part de la capitalisation mondiale détenue par le fonds, région par région, depuis 1998. Source : NBIM.

L’autre façon de mesurer sa taille : le fonds détient 1,53 % de toutes les actions cotées de la planète, et jusqu’à 2,27 % des actions européennes. Une entreprise cotée européenne sur 44 appartient, en moyenne, au peuple norvégien. La part européenne a culminé vers 2,7 % au début des années 2010 avant de refluer, non parce que le fonds vend, mais parce que les marchés américains et asiatiques ont grossi plus vite que sa poche européenne.

115 lignes font la moitié du fonds : la loi de puissance du portefeuille

Concentration du portefeuille du fonds norvégien : les 10 premières lignes pèsent 20,9 %, les 115 premières 50 %, les 1 000 premières 85,7 %
La part cumulée du portefeuille selon le nombre de lignes. Source : inventaire NBIM.

Si l’on compile l’inventaire complet, on révèle une loi de puissance brutale : les 115 premières lignes concentrent exactement 50 % du portefeuille, les 1 000 premières en font 85,7 %, et les 5 698 plus petites positions se partagent les 10 % restants. Coïncidence savoureuse : il faut 115 lignes pour faire la moitié du fonds, et le fonds détient exactement 115 entreprises françaises… Cocorico !

À l’autre extrémité, le fonds détient 651 positions valant moins d’un million d’euros, et même des lignes résiduelles valorisées 1 euro symbolique, vestiges de titres suspendus en Thaïlande, en Inde ou en Chine. Personne ne nettoie ces miettes, parce que les nettoyer coûterait plus cher que de les garder. ! Une leçon de pragmatisme pour ceux qui passent leurs soirées à « optimiser » des lignes à 44 €.

Où le fonds pèse vraiment : 71 entreprises détenues à plus de 5 %

Le fonds détient plus de 5 % du capital de 71 entreprises dans le monde, et la liste raconte une stratégie claire : ce sont presque toutes des foncières. Record absolu : 23,45 % de Shaftesbury Capital, le propriétaire de Covent Garden et de Chinatown à Londres.

Suivent Vonovia, le premier bailleur résidentiel allemand, détenu à 12,21 % pour 2,2 milliards d’euros, puis les américaines Alexandria, Equity Residential, Regency Centers et UDR, toutes entre 9 et 9,5 %, et la française Gecina à 9,25 %.

Ce n’est pas un accident de l’indice : l’immobilier coté fait officiellement partie de la stratégie immobilière du fonds, en complément de ses immeubles en direct. Quand tu achètes une foncière européenne en Bourse, il y a de bonnes chances qu’Oslo soit assis à la table du conseil avant toi.

Par région : l’Asie a écrasé le semestre

Rendement des actions du fonds norvégien par région au S1 2026 : Asie-Océanie +31,3 % pour 12,9 % du portefeuille, Amérique du Nord +10,8 % pour 57 %
Le meilleur marché du semestre était la plus petite poche du portefeuille. Source : NBIM.

+31,3 % sur l’Asie et l’Océanie en six mois, contre +10,8 % en Amérique du Nord, +12,6 % sur les émergents et +8,4 % en Europe. Sauf que l’Asie ne pèse que 12,9 % de la poche actions, contre 57 % pour l’Amérique du Nord. Le fonds n’a donc capté qu’une partie de la fête : c’est le prix d’une allocation pondérée par les capitalisations.

Par secteur : télécoms en tête, technologie au volant

Rendement par secteur des actions du fonds souverain norvégien au S1 2026, des télécommunications à +42,9 % à la consommation discrétionnaire à -4 %
L’épaisseur de chaque barre indique le poids du secteur dans le portefeuille actions. Source : NBIM.

Rendement et poids des secteurs dans le portefeuille actions au S1 2026

SecteurRendementPart du portefeuille actions
Télécommunications+42,9 %3,8 %
Technologie+25,3 %32,2 %
Énergie+17,1 %2,9 %
Industrie+12,3 %12,9 %
Matériaux de base+10,5 %3,5 %
Services aux collectivités+9,8 %2,4 %
Immobilier+7,6 %3,7 %
Financières+7,0 %15,8 %
Consommation de base+5,0 %3,6 %
Santé+3,4 %8,4 %
Consommation discrétionnaire-4,0 %11,3 %

Les parts ne totalisent pas 100 % car la trésorerie et les dérivés sont exclus. Source : NBIM.

Deux enseignements. Les télécoms, secteur le plus ennuyeux de la cote depuis vingt ans, signent la meilleure performance, mais avec 3,8 % du portefeuille leur contribution reste modeste. Et la technologie représente 32,2 % de la poche actions, soit 468 milliards d’euros. Ce n’est pas un pari de gérant, c’est la conséquence mécanique d’une gestion indicielle.

Obligations, immobilier, infrastructures : que détient le reste du portefeuille ?

Les obligations rapportent 0,88 %

La poche obligataire, 519 milliards d’euros, rapporte +0,88 % sur le semestre. Les obligations d’État, 54,9 % de la poche, ne rendent que 0,5 %, contre 2,1 % pour les obligations indexées sur l’inflation et 1,3 % pour les obligations d’entreprises. Les titrisées sont négatives à -0,5 %.

Pourquoi ça rame ? Parce que les taux longs sont remontés, notamment au Japon. Quand les taux montent, le prix des obligations baisse et le coupon ne compense pas. La poche est libellée à 54,2 % en dollar et 27,2 % en euro, et 20,2 % du portefeuille est noté AAA contre seulement 0,9 % sous la catégorie investissement.

Et il y a fort à parier que cette poche connaîtra un T3 difficile étant donné la forte remontée des taux obligataires souverais depuis le début du mois de juillet avec un 10 ans France remontant au-dessus de 4% :

Source : TradingView – Au 18 août 2026

À qui la Norvège prête-t-elle ? 320 milliards d’euros de dette d’États

Dette souveraine détenue par le fonds norvégien : 184 milliards d'euros de dette américaine, 22 du Japon, 17 du Royaume-Uni, 14 de l'Allemagne, 7,9 de la France
Les dix premiers États emprunteurs auprès du fonds. Source : inventaire NBIM.

L’inventaire permet de reconstituer le classement complet des États auxquels Oslo prête : 320 milliards d’euros de dette souveraine sur 44 lignes, obligations classiques et indexées confondues. Les États-Unis écrasent tout avec 184 milliards d’euros, soit 57 % de la poche souveraine, devant le Japon (22,3), le Royaume-Uni (17,2) et l’Allemagne (14,4). Détail technique qui a son importance : dans le rapport officiel, l’Allemagne devance le Royaume-Uni, parce que NBIM classe les obligations indexées à part. En ajoutant les gilts indexés sur l’inflation, dont le fonds est friand, Londres repasse devant Berlin.

Deux surprises dans le classement : Singapour, cinquième créancier avec 13,2 milliards d’euros, devant le Canada et l’Italie, et la France huitième avec ses 7,9 milliards d’OAT. Le fonds prête davantage à la cité-État de 6 millions d’habitants qu’à la République française.

L’immobilier : 73 % de la performance vient du loyer

Décomposition du rendement immobilier non coté du fonds norvégien : 2,2 points de loyers, 0,9 point de revalorisation, -0,1 point de change, total 3 %
Les revenus locatifs font l’essentiel du rendement immobilier. Source : NBIM.

La stratégie immobilière complète, 55 milliards d’euros au total, rapporte +5,9 % : +9,8 % pour le coté (22 milliards d’euros) et +3,0 % pour le non coté (33 milliards), qui représente 60 % de la poche. Le rendement du non coté se décompose en 2,2 points de revenus locatifs, 0,9 point de revalorisation et… -0,1 point d’effet de change.

Le portefeuille immobilier mondial du fonds norvégien : 1 625 propriétés dont 714 plateformes logistiques, 550 commerces, 219 bureaux et 137 immeubles résidentiels
L’empire immobilier détenu en direct, typologies, pays et partenaires. Source : inventaire NBIM.

L’inventaire immobilier détaille 1 625 propriétés détenues en direct dans le monde : 714 plateformes logistiques (dont 681 avec Prologis), 550 commerces, 219 bureaux et 137 immeubles résidentiels.

Et les adresses (luxueuses !) valent le détour : le fonds est copropriétaire de 47 adresses sur Regent Street aux côtés de The Crown Estate, le patrimoine foncier de la Couronne britannique, de 225 actifs à Covent Garden et Chinatown avec Shaftesbury (vu précedemment), de 171 immeubles à Mayfair et Belgravia avec Grosvenor, et du 7 Times Square à New York. Quand tu fais du shopping sur Regent Street, ton loyer commercial remonte pour partie vers Oslo.

Bonus transparence : contrairement à de nombreuses SCPI françaises qui affirment que tout ira bien dans le meilleure… tout comme le pire des mondes, NBIM publie son test de sensibilité : une hausse des taux de capitalisation de 0,25 point combinée à une baisse de 2 % des loyers de marché coûterait environ 2,1 milliards d’euros, soit -6,4 % de la valeur du portefeuille immobilier non coté.

Les infrastructures renouvelables, seule poche négative

-0,19 % sur 9,2 milliards d’euros. Les revenus de vente d’électricité contribuent positivement, l’effet de change annule le gain. Cette poche avait pourtant gagné 18,07 % en 2025 : la démonstration qu’une thématique structurellement pertinente peut décevoir sur six mois, et qu’une allocation ne se construit jamais sur la performance de l’exercice précédent.

La poche est si jeune qu’on peut en publier l’inventaire intégral : 17 projets. Sept centrales solaires et éoliennes espagnoles avec Iberdrola, quatre actifs allemands dont 8,69 % de TenneT, le gestionnaire du réseau électrique, quatre parcs éoliens en mer du Nord avec RWE et Ørsted, et trois fonds spécialisés.

Les 17 projets d’infrastructures renouvelables du fonds au 30 juin 2026

PaysProjetsPartenairesValeur
AllemagneTenneT (réseau), He Dreiht, NSC A et B (éolien)État néerlandais, RWE, EnBW, Allianz2,9 Md€
DanemarkThor Wind Farm (49 %)RWE1,5 Md€
Pays-BasBorssele 1 & 2 (50 %)Ørsted1,0 Md€
Espagne7 centrales solaires et éoliennes (49 % chacune)Iberdrola0,7 Md€
Fonds internationauxBrookfield GTF II, Copenhagen Infrastructure V, StellularBrookfield, CIP0,7 Md€
Royaume-UniRace Bank Wind Farm (37,5 %)Ørsted, Arjun0,6 Md€

Inventaire intégral de la poche infrastructures. Source : NBIM.

La gestion active du fonds rapporte-t-elle vraiment ?

Oui, mais très peu : la gestion active a rapporté +0,22 point au-dessus de l’indice au premier semestre 2026, soit 4 milliards d’euros, et seulement +0,24 point par an depuis 1998, pour un ratio d’information (qui mesure la surperformance d’un portefeuille par rapport à un indice de référence) de 0,39.

Contribution de chaque pôle à la surperformance du S1 2026

Pôle de gestionContribution
Gestion actions+0,23 point
Gestion obligataire+0,05 point
Actifs réels+0,08 point
Allocation entre classes d’actifs-0,14 point
Total+0,22 point

Source : NBIM, rapport semestriel 2026.

La ligne négative mérite un commentaire : le fonds détenait moins d’actions et plus d’obligations que son indice, ce qui lui a coûté 0,14 point dans un semestre de forte hausse. Une décision prudente, sanctionnée par le marché, et publiée telle quelle par NBIM.

Le verdict est là : la meilleure équipe institutionnelle du monde, avec un accès illimité aux données, aux gérants externes et à la liquidité, dégage un quart de point de surperformance par an sur 28 ans. Et 2025 s’était soldé par une sous-performance de 0,28 point. Si un conseiller te promet trois points de surperformance annuelle avec 2 % de frais, tu sais quoi répondre !

Quels sont les frais de gestion du fonds norvégien ?

Les frais de gestion du fonds norvégien s’élèvent à 0,042 % par an, soit 4,2 points de base, commissions de surperformance des gérants externes incluses. Hors ces commissions, on tombe à 3,1 points de base. Le ministère des Finances plafonne les coûts remboursables à 717 millions d’euros pour 2026.

[IMAGE À INSÉRER : pea-fr-fonds-norvegien-frais.svg] Alt : Comparaison des frais annuels : 0,042 % pour le fonds norvégien, 0,20 % pour un ETF World PEA, 1,80 % pour un fonds actif, 2,30 % pour une assurance vie Légende : Impact des frais sur 100 000 € investis pendant 30 ans à 6 % brut. Calculs PEA.fr.

Pour gérer 2 000 milliards d’euros sur plus de 7 000 entreprises, avec du prêt de titres, des dérivés, de l’immobilier physique et des parcs éoliens, le fonds coûte donc 43 fois moins cher qu’un fonds actions actif distribué en France à 1,8 % par an. Sur trente ans, cet écart représente plus de 200 000 € de capital final pour 100 000 € investis.

C’est la variable la plus contrôlable de ton rendement. Avant de chercher le bon fonds, compare les frais de ton enveloppe.

Combien le fonds souverain norvégien peut-il perdre ?

Le fonds anticipe une fluctuation annuelle de sa valeur d’environ 11,1 %, soit près de 220 milliards d’euros aux cours actuels. Deux années sur trois, la performance devrait tomber dans cette fourchette. Sa volatilité relative attendue n’est que de 33 points de base pour une limite autorisée de 125, et sa perte attendue en cas extrême de 0,93 point pour une limite de 3,75.

Autrement dit, NBIM utilise à peine un quart de son budget de risque actif. Humilité assumée, et probablement une des raisons pour lesquelles ça fonctionne.

Reste le risque qu’aucun modèle ne mesure. Le 11 août 2026, à la conférence d’Arendal, Nicolai Tangen a déclaré que le fonds pouvait disparaître et que ce n’était pas totalement improbable, citant une guerre atomique, un acte de terrorisme biologique ou une dépression durable provoquée par l’éclatement d’une bulle IA (alors que 32,2 % de sa poche actions est en technologie) combinée à une guerre commerciale ! La vidéo de son intervention figure ici, même si, à date, seuls les sous-titres sont disponibles en une autre langue. Un jour peut-être, YouTube proposera la traduction audio du norvégien !

Deux autres risques figurent noir sur blanc dans le rapport : 124 millions d’euros d’actions russes toujours non négociables, ainsi qu’un risque de contrepartie porté à 32 milliards d’euros, en hausse de 15 % sur six mois.

Le fonds norvégien est-il un investisseur éthique ?

Le fonds norvégien applique un cadre éthique voté par le Parlement et l’exerce massivement : au premier semestre 2026, il a voté à 6 899 assemblées générales et sur 75 757 résolutions, soit plus de 600 par jour ouvré. Il a tenu 2 058 réunions avec des entreprises, dont 43 % ont abordé des sujets de gouvernance ou de durabilité, principalement la gestion du capital, le climat et le capital humain.

Le fonds applique des directives éthiques votées par le Parlement, avec un conseil d’éthique indépendant qui recommande les exclusions : charbon, tabac, certaines armes, violations graves des droits humains. Ce cadre est en cours de révision : un comité nommé en novembre 2025 doit remettre son rapport au plus tard le 15 octobre 2026.

Le débat est politique autant que financier. Ceux qui défendent le cadre actuel estiment qu’un fonds détenu par un peuple entier ne peut pas investir sans critères moraux. Ceux qui le critiquent considèrent qu’un gestionnaire fiduciaire n’a pas à arbitrer des questions géopolitiques et que les exclusions coûtent en rendement. Le rapport d’octobre 2026 conditionnera le comportement de 2 000 milliards d’euros.

Le fonds souverain norvégien en France : 67 milliards d’euros chez nous

Le fonds souverain norvégien détient environ 67 milliards d’euros d’actifs français au 30 juin 2026 : 39 milliards en actions, 22,5 milliards en obligations et 5,5 milliards en immobilier. C’est la partie que tu ne liras nulle part ailleurs, parce qu’elle demande d’éplucher les inventaires ligne à ligne. La France est le 8e pays de son portefeuille actions, derrière les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, Taïwan, la Corée du Sud, la Suisse et la Chine, et juste devant l’Allemagne.

Exposition du fonds souverain norvégien à la France : 67 milliards d'euros répartis entre 39 milliards d'actions, 22,5 milliards d'obligations et 5,5 milliards d'immobilier
L’exposition française du fonds, poche par poche. Source : inventaires NBIM au 30 juin 2026.

Quelles entreprises françaises le fonds norvégien détient-il ?

Le fonds détient des parts de 115 entreprises françaises, des mastodontes du CAC 40 jusqu’à Groupe LDLC, le e-commerçant lyonnais de matériel informatique, dont il possède 2,93 % du capital pour l’équivalent de 2,2 millions d’euros. Oui, le fonds qui détient 54 milliards d’euros de Nvidia garde aussi une ligne LDLC. C’est ça, la réplication indicielle intégrale.

Top 10 des positions françaises du fonds norvégien : Schneider Electric 3,9 milliards d'euros, BNP Paribas 3,6, TotalEnergies 2,7, LVMH 2,6
Ces dix lignes pèsent 23,6 milliards d’euros, soit 61 % de la poche actions France. Source : inventaire NBIM.

Ses plus grosses positions françaises sont Schneider Electric (3,9 milliards d’euros), BNP Paribas (3,6) et TotalEnergies (2,7). LVMH, première capitalisation du CAC 40 pendant des années, n’arrive que quatrième. Pourquoi ? Parce que le fonds détient 2,35 % de Schneider contre 1,08 % de LVMH : le flottant réduit des groupes familiaux (Arnault chez LVMH, Bettencourt chez L’Oréal à 0,92 %) limite mécaniquement ce qu’un investisseur indiciel peut posséder. Vu d’Oslo, le champion français, c’est l’électrification, pas le luxe.

Répartition sectorielle des actions françaises du fonds norvégien : industrie 9,7 milliards d'euros, consommation discrétionnaire 7,5, finance 6,8, technologie 0,1
Les 39 milliards d’euros d’actions françaises, secteur par secteur. Source : inventaire NBIM.

La lecture sectorielle confirme le message du podium : l’industrie est le premier secteur français du fonds avec 9,7 milliards d’euros sur 27 entreprises, devant la consommation discrétionnaire (7,5 milliards, luxe inclus) et la finance (6,8). Schneider, Legrand, Vinci, Eiffage, Alstom, Nexans, SPIE : vue d’Oslo, la France est un pays d’électrification, de BTP et de câbles. Et la ligne qui pique : la technologie française pèse 0,1 milliard d’euros sur 39, six lignes en tout, avec un Capgemini détenu à seulement 0,21 % du capital, très loin de sa pondération naturelle dans l’indice.

Les 25 premières positions françaises du fonds au 30 juin 2026

RangEntrepriseValeur (M€)Part du capital
1Schneider Electric3 8752,35 %
2BNP Paribas3 6453,24 %
3TotalEnergies2 7341,76 %
4LVMH2 6021,08 %
5Air Liquide2 3532,18 %
6AXA2 2932,50 %
7L’Oréal1 8940,92 %
8Engie1 6652,28 %
9Sanofi1 3291,46 %
10Danone1 2492,54 %
11Vinci1 2201,63 %
12Legrand1 0902,81 %
13EssilorLuxottica1 0251,34 %
14Hermès1 0230,61 %
15Orange8551,94 %
16Saint-Gobain6661,70 %
17Gecina5239,25 %
18Eiffage5204,11 %
19Klépierre5144,90 %
20Veolia4991,84 %
21Michelin4541,95 %
22Euronext3782,60 %
23Rexel3643,20 %
24Thales3630,78 %
25Accor3402,83 %

L’inventaire complet des 115 lignes est téléchargeable en fin de section. Source : NBIM, conversion à 11,3 NOK pour 1 €.

Gecina, Klépierre, Eiffage : les participations les plus lourdes

Parts du capital d'entreprises françaises détenues par le fonds norvégien : 9,25 % de Gecina, 4,90 % de Klépierre, 4,30 % d'Arkema, 4,11 % d'Eiffage
En pourcentage du capital, les foncières dominent. Source : inventaire NBIM.

Mesurée en pourcentage du capital plutôt qu’en valeur, la hiérarchie change du tout au tout. Le fonds détient 9,25 % de Gecina, le premier bailleur de bureaux parisiens, et 4,90 % de Klépierre, le géant des centres commerciaux. Autrement dit, près d’un dixième du patrimoine de Gecina, ses tours, ses immeubles haussmanniens, ses milliers de mètres carrés de bureaux parisiens, appartient indirectement au peuple norvégien. Ces surpondérations ne sont pas un hasard : l’immobilier coté fait partie de la stratégie immobilière officielle du fonds, en complément de ses détentions en direct !

Sur les 115 entreprises françaises en portefeuille, 24 sont détenues à plus de 2 % de leur capital, avec une participation médiane de 1,07 %. Le fonds n’est presque jamais un actionnaire dominant, mais il est presque toujours dans la salle quand on vote.

Safran, Airbus, EDF : les absents qui en disent long

L’inventaire se lit aussi en creux. Safran et Airbus sont totalement absents des 115 lignes françaises, conséquence des directives éthiques du fonds qui excluent les producteurs de composants d’armes nucléaires : Airbus est écarté de longue date pour son implication, via MBDA, dans le missile M51 de la dissuasion française. Résultat concret : le fonds qui détient 2,35 % de Schneider ne possède pas un centime des deux premiers groupes aérospatiaux français.

Le contre-pied, c’est que Thales (363 millions d’euros) et Dassault Aviation (120 millions) figurent bien à l’inventaire, alors qu’ils ont longtemps peuplé les listes noires des fonds nordiques. Leurs participations restent toutefois nettement sous-pondérées, 0,78 % et 0,54 % du capital, loin des 1,5 à 2 % habituels du fonds sur les valeurs françaises. La frontière éthique existe, mais elle est plus fine et plus mouvante que ce que l’on croit.

Dernier absent : EDF, sorti de la cote en 2023 lors de sa renationalisation. Mais regarde la poche obligataire : le fonds détient 553 millions d’euros d’obligations EDF. La République a racheté l’électricien, la Norvège continue de lui prêter.

Le fonds norvégien détient-il de la dette française ? 7,9 milliards d’euros d’OAT

Oui : le fonds norvégien détient environ 7,9 milliards d’euros de dette de l’État français, obligations classiques et indexées sur l’inflation confondues. C’est la plus grosse ligne de sa poche obligataire française, qui totalise 22,5 milliards d’euros sur 71 positions. Quand Bercy émet, Oslo souscrit.

La poche obligataire française du fonds, par catégorie

CatégorieEncoursPrincipales lignes
Dette de l’État (OAT)7,9 Md€Obligations classiques et indexées sur l’inflation
Obligations d’entreprises7,2 Md€BNP Paribas 1,7 Md€, Crédit Agricole 1,1, Société Générale 0,9, Orange, TotalEnergies, Schneider
Obligations sécurisées4,9 Md€Compagnie de Financement Foncier, BPCE SFH, Crédit Mutuel Home Loan SFH
Agences et quasi-souverain2,5 Md€EDF, CADES, AFD, Unédic, Bpifrance, Agence France Locale, ACOSS

22,5 milliards d’euros au total sur 71 lignes. Source : inventaire NBIM.

La ligne des agences est un inventaire de l’État parallèle français, et elle mérite qu’on s’y arrête : le fonds prête 553 millions d’euros à EDF, 520 millions à la CADES qui amortit la dette de la Sécurité sociale, 463 millions à l’Agence Française de Développement, 289 millions à l’Unédic qui finance l’assurance chômage, 256 millions à Bpifrance, 150 millions à l’Agence France Locale qui prête aux collectivités, et même 80 millions à l’ACOSS, la trésorerie de la Sécu. Ton allocation chômage et ta feuille de soins transitent, pour une part infinitésimale, par l’épargne norvégienne. Et les 4,9 milliards d’obligations sécurisées adossées à des crédits immobiliers français financent, très concrètement, les prêts de tes voisins.

Quel immobilier le fonds norvégien possède-t-il en France ? 100 propriétés

Le fonds norvégien possède 100 propriétés physiques en France, pour environ 5,5 milliards d’euros. La France est son troisième marché immobilier mondial, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. C’est la partie la plus étonnante de l’inventaire.

Le portefeuille immobilier français du fonds norvégien au 30 juin 2026

Type d’actifNombrePartenaire principal
Immeubles résidentiels42AXA
Plateformes logistiques38Prologis
Immeubles de bureaux15Generali, Swiss Life, détentions en propre
Actifs commerciaux5URW et autres

100 propriétés au total. Source : inventaire immobilier NBIM.

Commençons par les actifs trophées. Le fonds détient en pleine propriété, à 100 %, cinq adresses du Paris le plus cher : le Vendôme Saint-Honoré (9 place Vendôme et 368-374 rue Saint-Honoré), le 79 avenue des Champs-Élysées (racheté pour 613 millions d’euros auprès de Groupama en 2019 pour devenir la House of Innovation de Nike), Le Madeleine au 23 boulevard de la Madeleine, le 6/8 boulevard Haussmann et le 54-56 rue de la Boétie. Il co-détient aussi le 100 Champs-Élysées et le rond-point des Champs-Élysées à 50 %, la Tour Trinity à La Défense à 80 % avec URW, et l’Atelier Gaîté à Montparnasse à 65 % avec Swiss Life.

Les vingt actifs parisiens de bureaux et commerces du fonds norvégien

ActifLocalisationQuote-partPartenaire
Vendôme Saint-HonoréPlace Vendôme, Paris 1er100 %En propre
79 avenue des Champs-ÉlyséesParis 8e100 %En propre
Le MadeleineBd de la Madeleine, Paris 1er100 %En propre
6/8 boulevard HaussmannParis 9e100 %En propre
La BoétieRue de la Boétie, Paris 8e100 %En propre
Tour TrinityLa Défense, Puteaux80 %URW
Atelier Gaîté, 86 bd HaussmannParis 14e et 8e65 %Swiss Life
100 Champs-Élysées, rond-point des ChampsParis 8e50 %Generali, AXA
16 Matignon, Victor Hugo, Grand et Petit Îlot, Opus 12Paris 8e, 16e, 9e, La Défense50 %AXA
Malesherbes, Messine, Pasquier, Daumesnil, ScribeParis 8e, 12e, 9e50 %Generali

Bureaux et commerces français du fonds, regroupés par partenariat. Source : inventaire immobilier NBIM.

Le résidentiel raconte une autre histoire, plus proche de toi : 42 immeubles d’habitation en copropriété avec AXA, répartis dans 31 villes. La carte est celle du Grand Paris et des métropoles étudiantes : huit immeubles dans les Hauts-de-Seine (Clichy, Gennevilliers, Asnières, Courbevoie, Issy), quatre dans le Val-de-Marne, trois en Seine-Saint-Denis, trois à Toulouse et Labège, puis Bordeaux, Marseille, Rennes, Brest, Caen, Clermont-Ferrand, Reims, Rouen, Angers, Montpellier, et deux immeubles dans Paris même, dont la rue Championnet dans le 18e. Si tu loues dans un immeuble institutionnel récent en première couronne, il y a une chance mesurable que ton bailleur ultime soit le peuple norvégien.

Enfin, les 38 plateformes logistiques avec Prologis dessinent la carte de l’e-commerce français : huit sites à Satolas-et-Bonce près de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, cinq à Saint-Vigor-d’Ymonville sur la zone portuaire du Havre, cinq à Évry-Lisses, quatre à Meung-sur-Loire, quatre à Miramas sur la plateforme Clésud, trois à Vémars près de Roissy et trois à Sainghin-en-Mélantois au sud de Lille. Chaque colis qui transite par ces entrepôts paie, indirectement, un loyer à Oslo.

Mon conseil, si tu veux prolonger : compare ce que le fonds fait avec ses 5,5 milliards d’euros d’immobilier français, 60 % de résidentiel et logistique, des baux longs, zéro dette, avec ce que font les SCPI que l’on te propose. La différence de philosophie, entre rendement locatif sécurisé et promesse de revalorisation, saute aux yeux.

Télécharge l’inventaire France complet (Excel)

J’ai compilé les trois inventaires français du fonds dans un fichier Excel : les 115 entreprises avec leur valeur en euros et la part du capital détenue, les 71 lignes obligataires, et les 100 propriétés immobilières avec leurs adresses exactes. Données publiques NBIM du 30 juin 2026, classées et converties en euros.

Télécharger l’inventaire France (Excel)

7 leçons du fonds norvégien pour ton portefeuille

1. Écris ton mandat avant d’investir

Le fonds a un mandat écrit, chiffré, avec des limites de risque et une allocation cible. C’est ce document qui te protégera de toi-même le jour où ça baissera de 12 % et que tu voudras vendre en panique au plus bas.

2. Traque les frais comme un obsessionnel

0,042 %, c’est le benchmark. Chaque point de frais évité est un point de rendement garanti, ce qu’aucune autre stratégie l’ignorant ne peut promettre.

3. Sois humble sur la gestion active

+0,24 point par an depuis 1998 avec des moyens que tu n’auras jamais. Si tu fais de la sélection de titres, limite-la à une poche dédiée, pourquoi pas entre 10 et 20% selon ton envie.

4. La diversification, c’est accepter de ne pas être au bon endroit

L’Asie a fait +31,3 %, le fonds n’en avait que 12,9 %. Un portefeuille diversifié est toujours partiellement décevant, et c’est ce qui le rend robuste car l’Asie pourrait bien faire des semestres à -20% à l’avenir !

5. Le revenu compte plus que la plus-value espérée

73 % de la performance immobilière vient des loyers. La bonne question n’est pas « combien ça peut monter » mais « combien ça encaisse », un peu à l’instar d’une stratégie de rendement avec les actions. Parfois, un « tien » vaut deux « tu l’auras » !

6. La devise fait partie de ton rendement

+9,44 % en devises contre +6,19 % en couronnes. Investir en dollar depuis la zone euro, c’est ajouter un pari de change à ton pari actions.

7. Le temps long n’est pas un slogan

+6,86 % par an depuis 1998, en traversant 2000, 2008, 2020 et 2022, sans jamais changer de doctrine. C’est la seule raison pour laquelle ce chiffre existe ! Commencer maintenant en ouvrant son PEA, c’est pouvoir imiter ces performances dans le temps :

Comment investir comme le fonds norvégien avec un PEA ?

Il est impossible d’investir dans le fonds lui-même : il appartient au peuple norvégien ! En revanche, sa poche actions se réplique avec un ETF monde synthétique éligible au PEA comme le CW8, tandis que la poche obligataire nécessite un compte-titres, une assurance vie ou un PER, les ETF obligataires n’étant pas éligibles au PEA.

Répliquer l’allocation du fonds souverain norvégien depuis la France

Poche du fondsPoidsRéplicable en PEA ?
Actions mondiales72,1 %Oui, via ETF synthétiques
Obligations mondiales25,8 %Non, hors supports monétaires
Immobilier non coté1,6 %Non, approchable via foncières ou SCPI
Infrastructures renouvelables0,5 %Partiellement, hors PEA

Illustration pédagogique, pas une recommandation personnalisée.

Quels ETF pour la poche actions ?

ETF monde éligibles au PEA en 2026

ETFIndice suiviFrais annuels
Amundi PEA MondeMSCI World, pays développés0,20 %
iShares WPEAMSCI World0,20 %
Amundi PEA GlobalMSCI ACWI, développés et émergents0,30 %

Frais courants annoncés par les émetteurs, à vérifier dans le DIC avant tout investissement.

Le fonds norvégien détient environ 10,5 % de sa poche actions en marchés émergents, ce qui le rapproche d’un MSCI ACWI plutôt que d’un MSCI World. Point de vigilance : la réplication synthétique introduit un risque de contrepartie sur le swap. Comprendre la réplication synthétique avant d’arbitrer.

Une trame d’inspiration norvégienne

  • 70 à 75 % en ETF monde capitalisant dans le PEA
  • 20 à 25 % en obligations ou fonds euro, hors PEA, à moduler selon l’horizon
  • 0 à 5 % en immobilier coté ou SCPI
  • Un rééquilibrage une à deux fois par an, mécaniquement
  • Un objectif de frais totaux sous 0,50 % par an, tout compris

Une question honnête avant de copier : as-tu besoin de 26 % d’obligations ? Le fonds en détient parce qu’il finance des retraits budgétaires annuels. Un investisseur de 30 ans à 25 ans d’horizon n’a pas ce passif. À cinq ans de la retraite, la logique s’inverse complètement.

Questions fréquentes sur le fonds souverain norvégien

Combien vaut le fonds souverain norvégien ?

Le fonds souverain norvégien vaut environ 2 000 milliards d’euros au 30 juin 2026 (22 683 milliards de couronnes norvégiennes). C’est le plus grand fonds souverain au monde, devant les fonds du Golfe et de Chine.

Peut-on investir dans le fonds souverain norvégien ?

Non, il n’est pas ouvert aux investisseurs extérieurs : il appartient au peuple norvégien. Son allocation étant publique, elle peut en revanche être imitée avec des ETF mondiaux en PEA et une poche obligataire logée ailleurs.

Le fonds norvégien est-il un fonds de retraite ?

Non, malgré son nom officiel de Government Pension Fund Global. Il n’a aucun engagement de retraite et fonctionne comme un fonds d’épargne intergénérationnel, qui soutient le budget de l’État dans la limite d’environ 3 % de sa valeur par an.

Quelles sont les plus grosses positions du fonds ?

Nvidia (54 milliards d’euros), Apple (46) et Alphabet (44) sont ses trois plus grosses lignes, devant Microsoft. Le rapport semestriel 2026 a aussi révélé une participation dans SpaceX. Ses dix premières positions concentrent 20,9 % de sa poche actions.

Quel est le rendement historique du fonds norvégien ?

+6,86 % par an depuis le 1er janvier 1998, soit +4,51 % de rendement réel net de frais et d’inflation. Sur dix ans, le rendement annualisé atteint 9,39 %, et 19,14 % sur les douze derniers mois.

Le fonds norvégien peut-il perdre de l’argent ?

Oui, régulièrement. Le premier trimestre 2026 s’est terminé à -1,89 % et la valeur du fonds avait reculé de 112 milliards d’euros au premier semestre 2025. Le fonds anticipe lui-même des fluctuations annuelles d’environ 11,1 % de sa valeur, soit 220 milliards d’euros.

Pourquoi le fonds investit-il uniquement hors de Norvège ?

Pour éviter de surchauffer une petite économie domestique, pour diversifier le risque au-delà de l’économie nationale, et pour éviter que le fonds ne devienne un acteur politique intérieur.

Combien le fonds norvégien détient-il en France ?

Environ 67 milliards d’euros au 30 juin 2026 : 39 milliards en actions de 115 entreprises, 22,5 milliards en obligations dont 7,9 milliards de dette de l’État français, et 5,5 milliards dans 100 propriétés immobilières. La France est le 8e pays de son portefeuille actions.

Quelles entreprises françaises le fonds norvégien détient-il ?

Ses plus grosses positions françaises sont Schneider Electric (3,9 milliards d’euros), BNP Paribas (3,6), TotalEnergies (2,7), LVMH (2,6) et Air Liquide (2,4). En part du capital, ses participations les plus élevées sont Gecina (9,25 %), Klépierre (4,90 %), Arkema (4,30 %) et Eiffage (4,11 %).

Le fonds norvégien possède-t-il de l’immobilier en France ?

Oui, 100 propriétés détenues en direct pour environ 5,5 milliards d’euros : 42 immeubles résidentiels en partenariat avec AXA dans 31 villes, 38 plateformes logistiques avec Prologis, 15 immeubles de bureaux et 5 actifs commerciaux. La France est son 3e marché immobilier mondial.

Pourquoi le fonds norvégien ne détient-il ni Airbus ni Safran ?

Parce que ses directives éthiques excluent les producteurs de composants d’armes nucléaires, et les deux groupes participent au programme de dissuasion français, notamment le missile M51 via MBDA pour Airbus. Thales (363 millions d’euros) et Dassault Aviation (120 millions) figurent en revanche à l’inventaire, avec des participations réduites.

À qui le fonds norvégien prête-t-il de l’argent ?

Le fonds détient 320 milliards d’euros de dette souveraine. Ses premiers emprunteurs sont les États-Unis (184 milliards d’euros), le Japon (22,3), le Royaume-Uni (17,2), l’Allemagne (14,4) et Singapour (13,2). La France est huitième avec 7,9 milliards d’euros d’OAT.

Quel immobilier le fonds norvégien possède-t-il dans le monde ?

1 625 propriétés détenues en direct : 714 plateformes logistiques, 550 commerces, 219 bureaux et 137 immeubles résidentiels. Ses trophées : 47 adresses sur Regent Street avec The Crown Estate, 225 actifs à Covent Garden avec Shaftesbury, et le 7 Times Square à New York. Ses trois premiers marchés sont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Quel ETF ressemble le plus au fonds norvégien ?

Un ETF MSCI ACWI, qui combine pays développés et émergents, est le plus proche de sa poche actions. En PEA, l’Amundi PEA Global le réplique pour 0,30 % de frais. Un ETF MSCI World à 0,20 % reste une approximation très correcte.

En conclusion sur l’incroyable fonds souverain norvégien

Le fonds souverain norvégien n’est pas un génie de la finance. C’est un investisseur ennuyeux, discipliné, très diversifié, extrêmement peu cher… et qui écrit tout ce qu’il fait pour notre plus grand plaisir. Sur 30 ans, ça a suffi à transformer une rente d’hydrocarbures en 2 000 milliards d’euros.

Le semestre écoulé résume la recette : un trimestre négatif, un trimestre historique, une surperformance de 0,22 point qu’on remarque à peine, et 0,04 % de frais.

Ton PEA ne pèsera jamais 2 000 milliards d’euros. Mais les trois leviers que le fonds actionne sont exactement les tiens : une allocation écrite, des frais écrasés, et un horizon que tu ne renies pas au premier trimestre rouge. Tu es prévenu !

Sources et méthodologie

  • Norges Bank Investment Management, rapport semestriel 2026 du Government Pension Fund Global, publié le 12 août 2026, comptes revus par Ernst & Young le 10 août 2026, disponible sur nbim.no
  • Déclarations de Nicolai Tangen à la conférence d’Arendal du 11 août 2026, reprises par la presse norvégienne et internationale
  • Inventaires détaillés des positions NBIM au 30 juin 2026 : actions (7 077 lignes), obligations (1 664 lignes), immobilier (1 625 propriétés) et infrastructures, disponibles sur nbim.no
  • Documentation des émetteurs pour les caractéristiques et frais courants des ETF cités
  • Conversions couronne vers euro établies sur un cours d’environ 11,3 NOK pour 1 €, arrêté fin juin 2026

Cet article a une finalité informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital.

Publié le 13 août 2026. Prochaine mise à jour à la parution du rapport annuel 2026 de NBIM, fin janvier 2027.

Mehdi Cornilliet
Écrit par

Mehdi Cornilliet

Co-fondateur de PEA.fr. Entrepreneur dans les médias (Major-Prépa créé en 2014, cédé en 2023), l'éducation (Empower College créé en 2025) et diplômé du Programme Grande Ecole de HEC Paris 2019 et du Master X-HEC Entrepreneurs.

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